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Esteban ZAMORA
Architect
+56 9 45 69 29 90
esteban.zamora@gmail.com
Santiago | CL
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HALLE POUR DJIBOUTI
Esteban ZAMORA, Marc DE FOUQUET, Amin BELMAHI et Sophie MAURIN.
Camp de Réfugiés d'Ali Addeh
Djibouti 2010

LE CAMP VILLAGE ALI ADDEH

LE VILLAGE:
- Ancien camp de miliciens créé par les autorités françaises durant la colonisation
- L’ouverture d’une école en 1976 attire de nombreux nomades de la tribu Somali Issa

LE CAMP:
- Ouverture en avril 1990 pour accueillir des réfugiés éthiopiens et somaliens
- Création d’une école pour les réfugiés à Ali Addeh en 1993
- Alternance entre nouveaux afflux et rapatriements de réfugiés
- Ali Addeh est désormais l’unique camp de réfugiés à Djibouti

DESCRIPTION ET ORGANISATION
- Un site quasi-désertique, extrêmement chaud
- Aucune limite physique ne sépare le camp et le village
- 16 000 habitants: 12 000 réfugiés (Éthiopiens et Somaliens) et 4 000 Djiboutiens

PROBLÉMATIQUES

SOCIALE
Les réfugiés ont vécu des situations traumatisantes, certains y sont encore confrontés: Insécurité et Viols sont présents sur le site
Difficultés à se projeter dans le futur: La plupart des réfugiés souhaitent être réinstallés dans un pays occidental (Canada, Scandinavie), or une très faible minorité a accès à cette option. Les autres préfèrent fréquemment rester dans le camp du pays d’exil dans lequel ils sont installés depuis de nombreuses années plutôt que de retourner dans un pays qu’ils ne connaissent plus. Ils craignent des persécutions, sont trop jeunes, trop âgés, ils ont des attaches affectives dans leur pays d’adoption où sont nés leurs enfants.

CULTURELLE
Anciens nomades et citadins cohabitent à Ali Addeh où émerge un contexte urbain.
Les réfugiés venant des villes n’ont plus accès à la culture, ni aux rencontres. À l’exception d’une grande mosquée et de deux écoles, aucune infrastructure n’est prévue pour les rassemblements, la parole, le folklore, la culture, les arts, ..

ENVIRONNEMENTALE
Le site manque d’eau, de nourriture (pour les hommes et pour les animaux), de végétation, d’agriculture et d’ombre.

ECONOMIQUE
L’inactivité et la passivité fabrique le quotidien à Ali Addeh. Nous assistons à une perte du cadre social créé par le travail. Il est très difficile de gagner de l’argent (impossibilité de voir à long terme la possibilité de s’en sortir).

LES PRINCIPAUX BESOINS
- des habitations pérennes
- des espaces publiques, lieux de rassemblement
- de l’ombre, de l’eau
- des activités, du travail

DÉMARCHE ET PROPOSITIONS

La démarche sociale est indissociable du projet architectural.
Il nous paraît à la fois primordiale de faire participer les victimes à la construction de leur nouvelle maison, de leur nouvelle vie et d’utiliser des savoir-faire et matériaux locaux afin d’éviter les inconvénients liés aux préfabriqués (délais de livraison et de fabrication trop longs, problèmes de transport, rigidité d’emploi, difficulté à remplacer des pièces manquantes,…)

Le prototype d’abris communément appelé «shelter en pierres» est déjà expérimenté et maîtrisé par des professionnels sur le site. Il est donc question de le développer en un habitat intégré dans un processus urbain. Lui sont alors associé, des latrines à compostage, un réseau viaire, un espace extérieur pour entre autre y intégrer des plantations, etc.

Une halle (déplacée et réutilisée à souhait sur le site) constituée de charpentes en bois (d’une portée de 8 m) et d’une couverture en nattes fournit une protection pendant la construction des shelters.

Ses appuis correspondent à deux des angles de chaque futures habitations. Une fois les shelters terminés, la halle peut éventuellement rester à cet emplacement pour créer de l’espace public (rassemblement, place de marché, aire de travail pour des artisanats locaux,…) ou bien être réutilisée sur une autre zone de construction de shelters.

Le but de notre méthode, contextuelle, est d’exploiter au maximum les atouts locaux:
- connaissances techniques (présence de maçons et charpentiers sur site)
- matériaux (pierres et sable pour les murs)
- artisanat (confection de nattes en fibres de palmier doum pour la couverture de la halle)

Notion économique: Développement d’une autonomie et donc d’une économie. Les réfugiés formés pourront par la suite vendre leur savoir (aide/formation/travail/gain d’argent/investissement).
Le projet proposé peut être utilisé selon les besoins pour différentes fonctions: halle de marché, coopérative, espace d’accueil temporaire, logements, salle de classe, …
Bien que le rapatriement soit peu d’actualité à Ali Addeh, le réemploi du bâtiment est à prendre en compte. Parti de l’idée d’un habitat personnalisable, évolutif, l’infrastructure mise en place pourrait être réutilisée par les villageois après l’éventuel départ des réfugiés pour des fonctions similaires ou différentes.
Durée de construction d’un shelter: 1 semaine pour un maçon assisté de 4 personnes